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| Brève histoire de la céramique dans le Pays de Dieulefit.

Observer l’histoire du Pays de Dieulefit à travers le prisme de l’activité potière, permet d’en appréhender d’autres faits importants. En effet comme cette activité a été pérenne sur plus de deux millénaires, au-delà des informations d’ordre utilitaire, esthétique et économique liées à celle-ci, c’est également la hiérarchie sociale, la société civile et religieuse, l’environnement naturel et géographique, le patois et les traditions locales du territoire qui transparaissent au travers de son évocation.

Dans le pays de Dieulefit, des potiers gallo-romains du Ier siècle à ceux de la première moitié du XXe, il est une constante : l’utilisation d’une argile locale riche en kaolin et permettant par conséquent une production utilitaire particulièrement réfractaire.

 

L’archéologie a révélé des tessons céramiques néolithiques, aujourd’hui disparus. En revanche, un dépotoir de potier gallo-romain a été mis au jour entre les quartiers de Graveyron et des Grands Moulins. Les poteries, aujourd’hui conservées et présentées au Musée archéologique de Nyons, sont très variées : amphores, pichets, coupes, bouillottes ainsi que deux coupes à pied haut en gradins dont on ne connaît pas d’autre exemplaire.

< Coupe à pied haut en gradins. Musée archéologique de Nyons.

Les découvertes archéologiques médiévales ont elles été faites aux alentours de l’église Notre-Dame-de-la-Calle, à l’est du bourg. Il s’agit d’un four de potier daté du XIIe siècle. C’est également à cette époque qu’a commencée à être employée la glaçure plombifère.

À partir du XVe siècle, les textes viennent compléter les informations apportées par les fouilles. Ainsi, nous savons qu’en 1421 une tuilerie a été créée sur la colline des Plattes, suite à un accord entre les seigneurs locaux et les syndics de la ville. Trente ans plus tard est mentionné le plus ancien potier dieulefitois connu à ce jour, Jean Peyronnel, dont l’atelier se trouvait à l’emplacement de l’actuelle place de l’église.

Le nombre de potiers ira ensuite croissant, à Dieulefit, toujours dans le même quartier puis progressivement, vers le sud, aux quartiers Chateauras, la Baume et surtout des Reymonds, mais également à l’ouest, aux quartiers de Rivales et Graveyron. Dans le même temps, on voit l’activité potière se développer dans les communes voisines, surtout Poët-Laval, mais également Souspierres et Montjoux.

C’est au XIXe siècle que l’activité de la poterie sera la plus importante d’un point de vue socio-économique, bien qu’elle reste au second plan par rapport au textile. Dieulefit était en effet un bourg industriel et non pas agricole. La production utilitaire était diffusée sur un large territoire, le midi de la France, sous une ligne Bordeaux –Genève.

Le XXe siècle voit de nombreux bouleversements, notamment l’arrivée progressive d’une poterie « artistique » dès 1910 avec Sully Bonnard. Viendront ensuite Étienne Noel, et les personnes employées à la Faïencerie Coursanges – en premier lieu desquels Jacques Pouchain. Après-guerre, on abandonnera petit à petit l’utilisation de la terre locale, trop chère à extraire et pas nécessairement utile à la poterie non réfractaire. Désormais on trouve dans le pays de Dieulefit une trentaine d’ateliers de potiers de grès, de porcelaine, de « raku » et toujours, malgré tout, de terre vernissée. La production utilitaire en série côtoie la création de pièces uniques.

Dieulefit est labellisée
Ville et Métiers d'art

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